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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1822
  
En 1822, V. Cousin [1792-1867] a vingt-neuf ans [il aura trente ans le 28 novembre 1822]. Ayant déjà perdu son statut d’enseignant à la Faculté des lettres comme suppléant de Royer-Collard dans la chaire d’histoire de la philosophie moderne, il perd également son poste de maître de conférences de philosophie à l’École normale, à la suite de la suppression de l’École par l’arrêté Corbière.
Il poursuit son édition de Proclus [texte grec et traduction latine] et commence celle de la traduction de Platon. Il gagne sa vie comme précepteur chez les Lannes.

Résumé des années précédentes.
1792-1804.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804, l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
1809-1812. L’École normale.
Après ses études au collège Charlemagne [où il obtient de nombreux prix, dont celui de discours latin] et alors qu’il est en classe de rhétorique [classe de première] il est distingué, sans être bachelier, pour entrer, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée en 1808. Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève . En 1814 est chargé de conférences de littérature à l’École normale, en 1815 chargé de conférences de philosophie.

1813-1815. Doctorat et enseignement.
Docteur ès-lettres en juillet 1813, avec une thèse latine : Dissertation philosophica de methodo sive de analysi.
Continue d’enseigner à l’École normale. En 1814 est attaché comme agrégé au lycée impérial [Louis-le-Grand] et en été 1815 enseigne comme agrégé au collège Bourbon [lycée Condorcet].

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. Ainsi V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1817. Le Journal des savants ; les Archives philosophiques.
V. Cousin devient collaborateur régulier du Journal des savants [janvier 1817], pour lequel il publie des recensions d’ouvrages philosophiques français ou étrangers. Il y publiera jusqu’en 1862.
Il collabore également, à partir de juillet 1817, aux Archives philosophiques, qui viennent d’être créées par Royer-Collard, y rédige des recensions et des articles.

1817-1818. Premiers voyages en Allemagne.
Premier voyage en Allemagne, fin juillet-mi-novembre 1817, où il rencontre Hegel à Heidelberg et Goethe à Weimar. Puis second voyage en août-septembre 1818, accompagné par Louis Bautain. À Munich, y rencontre longuement Friedrich Schelling.

1820. Victime de la répression.
V. Cousin continue d’assurer son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, comme suppléant de Royer-Collard. Mais celui-ci entre dans l’opposition libérale en 1820. Par réprésailles, son suppléant est invité à ne pas remonter dans sa chaire. Ainsi V. Cousin perd son enseignement à la Faculté, et peu de temps après à l’École normale, celle-ci étant fermée par arrêté, en septembre 1822, comme foyer d’agitation.

1820-1840. Série d’éditions savantes.
Commence alors une série d’éditions savantes, qui se prolonge sur plusieurs années : il édite les oeuvres de Proclus [texte grec et commentaires en latin, six volumes, 1820-1827], dont les deux premiers volumes paraissent en 1820, les volumes 3 et 4 en 1821 ; une traduction des oeuvres de Platon [treize volumes, 1822-1840] ; une édition des oeuvres de Descartes [onze volumes, 1824-1826].

1822. Précepteur chez les Lannes.
Il ne reste plus à V. Cousin, comme à beaucoup de jeunes enseignants de ce temps [Théodore Jouffroy, Paul Dubois, Antoine Charma], qu'à trouver un poste de précepteur dans une famille de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie : il devient précepteur de Napoléon Lannes, duc de Montebello [1801-1874], alors âgé de dix-neuf ans, fils aîné du maréchal Lannes, pair de France. C’est avec lui qu’il effectuera son troisième voyage en Allemagne en automne 1824.

Éléments biographiques.
Échec de la candidature au Collège de France.
En janvier 1822, V. Cousin est présenté par le Collège de France pour la chaire de Droit naturel au collège de France. Mais sa candidature n'est pas retenue. C'est S. Xavier de Portets, présenté par l'Académie française, qui est nommé [Dubois], et qui devient titulaire de la chaire de 1822 à 1854. S. Xavier de Portets succède ainsi à Emmanuel Pastoret [1756-1840], qui a été titulaire de la chaire de 1804 à 1821.
La chaire Droit de la nature et des gens avait été créée au collège de France le 20 juin 1773, en remplacement d’une seconde chaire de Droit canon. Les titulaires successifs avaient été Bouchard [1773-1804], puis de Pastoret. Adolphe Franck succèdera à de Portets et sera titulaire de la chaire de 1856 à 1887. La chaire sera supprimée, par décret du 17 décembre 1787, et transformée en chaire de Psychologie expérimentale et comparée, destinée à Théodule Ribot.

Une semi-retraite à Arcueil avec Santa Rosa.
Le comte de Santa Rosa [1783-1825], avait été un des chefs de la révolution manquée du Piémont, en mars 1821. En effet, le 12 mars 1821 l’armée du Piémont s’était soulevée ; une Constitution avait été proclamée, mais l’insurrection libérale piémontaise avait été battue par les troupes autrichiennes à Novare. Après l’échec du mouvement, Santarosa s’était réfugié à Paris sous le nom d’emprunt de Conti. V. Cousin fait sa connaissance à ce moment et se lie d’une vive amitié avec Santa Rosa.
Dans sa lettre au prince de la Cisterna, concernant Santa-Rosa écrite en 1838, et publié le 1er mars 1840, dans la Revue des Deux Mondes, V. Cousin témoigne : « J'aménageai à Santa-Rosa une retraite à Arcueil, dans la maison de campagne d'un de mes amis, M. Viguier. Nous nous y établîmes tout les deux, et y vécumes pendant les premiers mois de 1822, ne recevant presque aucune visite, et ne sortant pas même de l'enceinte du jardin. Je continuais ma traduction de Platon, lui ses recherches sur les gouvernements constitutionnels »

Suppression de l'École normale.
Sous l'influence des cléricaux, la Restauration s'engage dans une reprise en mains de l'Université. L’École normale, créée initialement le 9 brumaire an III [30 octobre 1794], puis recréée par l’Empire, par décret du 17 mars 1808 et ouvrant ses portes à une première promotion en octobre 1810, est fermée en septembre 1822, comme étant un foyer d’agitation libérale [ordonnance Corbière du 6 septembre 1822] ; ses cinquante huit élèves sont licenciés. En lettres, une dizaine d’enseignants perdent leur emploi : en littérature J. L. Burnouf, Jean Louis Larauza, Épagomène Viguier, Joseph Naudet, Henri Patin, Victor Le Clerc ; en langue grecque Mablini ; en grammaire générale, Jean Louis Larauza ; en philosophie, V. Cousin, Théodore Jouffroy.
L’École réouvrira ses portes en 1826, sous le nom d’École préparatoire [ordonnance du 9 mars 1826], nom qu’elle gardera jusqu’en 1829 inclus.
Dans ce même mouvement une ordonnance royale du 21 novembre 1822 supprime la Faculté de médecine, avec la mise à la retraite de onze professeurs [2 février 1823].

Édition en cours :
Oeuvres complètes de Platon, traduites de grec en français, accompagnées de notes et précédées d'une introduction sur la philosophie de Platon, Paris : Bossange frères, 1822-1840, in-8, 13 volumes.
1. L’édition de la traduction des Oeuvres de Platon, commencée en 1822 se poursuit jusqu’en 1840. Treize tomes, Paris : Bossange frères, in-8 ; puis Pichon et Didier ; puis Rey et Gravier.
2. Réédité à nouveau, en 1896 par les soins de Barthélémy Saint-Hilaire, avec un Avertissement signé de René Millet.
Le tome 1. [Paris : Bossange frères, 1822] contient les traductions de Euthyphron, Apologie de Socrate, Criton et Phédon ; le tome 2. [Paris : Bossange frères, 1824] contient les traductions de Théétète, Philèbe ; le tome 3. [Paris : Bossange frères, 1826] contient les traductions de Protagoras et de Gorgias ; le tome 4. [Paris : Bossange frères, 1827] contient les dialogues socratiques ; le tome 5. [Paris : Bossange frères, 1823] contient les dialogues socratiques ; le tome 6. [Paris : Pichon et Didier, 1831] contient les dialogues socratiques ; le tome 7. [Paris : Pichon et Didier, 1831] contient les Lois ; le tome 8. [Paris : Pichon et Didier, 1832] contient les Lois ; le tome 9. [Paris : Rey et Gravier, 1833] contient la République ; le tome10. [Paris : Rey et Gravier, 1834] contient la République ; les tomes 11. et 12 [Paris : Rey et Gravier, 1837 pour le tome 11 ; 1838 pour le tome 12] contiennent le Cratyle, le Sophiste, le Politique, Timée, Parménide et Critias ; le tome 13. [Paris : P. J. Rey, 1840] contient des Lettres, les dialogues apocryphes et le Testament de Platon.
Le premier volume [1822] est dédié à Auguste Viguier*[1793-1867], qui a sans doute aidé V. Cousin dans son travail ; le deuxième volume [1824] est dédié au poète italien Alessandro Manzoni [1785-1873] ; le troisième volume [en 1826] est dédié à Hegel [1770-1831] alors professeur à Berlin ; le quatrième volume [1827] est dédié au comte Sanctorre de Santa Rosa [1783-1824] ; le cinquième volume à Charles Fauriel [1772-1844]; le septième volume [1831] à J. G. Farcy [1800-1830].
Dans son livre sur V. Cousin, Barthélémy Saint-Hilaire, indique que la traduction de Platon était moins l'oeuvre de Cousin que celle de son élève Jules Simon. [BSH, 1152].

Mention, recension, fragments et compte-rendu d'ouvrages de V. Cousin.
Stendhal, nom de plume d’Henri Beyle, rend compte à plusieurs reprises dans les différentes chroniques qu’il écrit de France pour les journaux anglais, des évènements se rapportant à V. Cousin et à ses publications. Nous disposons ici d’un compte-rendu du tome I des Œuvres de Platon que vient d’éditer V. Cousin. Stendhal en profite pour exposer ce qu’il comprend des intentions réelles de V. Cousin dans la scène philosophique.
« M. Cousin est l’un des plus remarquables hommes de lettres français d’aujourd’hui. Bien que jeune encore, il possède une immense somme de connaissances de tous ordres ; la nature l’a doté d’une imagination fertile quoiqu’un peu déréglée, ainsi que d’une aisance et d’une éloquence étonnantes. Si ses cours de philosophie n’avaient pas été suspendus sur ordre du gouvernement, il aurait pu renouveler les temps du grand mais infortuné Abélard et attirer des auditeurs de tous les coins de France, sinon de toute l’Europe. Tant qu’ils eurent lieu, il était plus difficile de se procurer une place à ses cours qu’à une représentation de Talma. Il n’était pas rare que M. Cousin pénétrât dans la salle de conférences sans avoir préparé une seule phrase du cours qui allait provoquer les applaudissements de son nombreux auditoire. Ce talent d’improviser en public est fort rare en France, et c’est à sa nouveauté que M. Cousin doit une grande part de son succès. En ces occasions, le jeune professeur se rappelait seulement qu’il allait parler de l’âme ou de la liberté et, après quelques phrases d’introduction, ses idées coulaient en un torrent irrépressible de périodes bien arrondies et d’exemples toujours nouveaux qui, à défaut d’emporter la conviction, étaient couronnées du moins par l’admiration momentanée des auditeurs. Pour le coloris poétique, la vivacité d’invention et la fertilité d’imagination, nous plaçons M. Cousin immédiatement après MM. de Chateaubriand, Casimir Delavigne, Lemercier et Pigault-Lebrun. Quant à ses qualités de philosophe, nous ne saurions en dire autant de bien, car il manque à son système une des qualités essentielles de la philosophie : le bon sens. Il semble s’être lancé à la don Quichotte dans l’entreprise de ressusciter, pour l’édification du XIXe siècle, les idées discréditées de Platon, qui, tout en étant poétiquement belles, sont philosophiquement absurdes. En fait, il semble ne pas très bien savoir lui-même où il veut en venir, car son culte pour Platon n’est qu’une passion récente. L’an dernier, le héros de M. Cousin était un vieux philosophe d’Alexandrie du nom de Proclus. Il serait plus honnête et plus digne d’une ardent prosélyte comme M. Cousin de déclarer hardiment son intention qui semble être d’introduire la philosophie allemande en France, projet qui n’a que peu de chance de réussir. Car l’amour-propre des Français et leur crainte extrême du ridicule sont tels qu’ils exigent la plus grande clarté, la plus grande précision possible de quiconque prétend les instruire, de peur d’être dupes ». [Compte-rendu par Stendhal des Oeuvres de Platon, traduites en français par M. V. Cousin, tome 1, Paris, 1822. Article pour la Montly Review.Publications étrangères. Paru en janvier 1823]

Correspondance : lettres... de, à, au sujet de... V. Cousin.
1822. Lettre de Maine de Biran à Victor Cousin.
« Il semble, mon cher Monsieur, que nous nous soyons donné le mot (et le mauvais mot), pour être malades et garder la chambre en même temps. Voilà trois jours aussi que je ne sors pas et que la fièvre me travaille toute la nuit. J’ai passé la soirée de hier en tête à tête avec Ampère. Votre lettre a fourni le texte de notre entretien psychologique. Je me suis assuré de plus en plus que des discussions avec vous sur le rapport des vérités necessaires à la nature de notre esprit, ce n’est, comme vous dites, qu’une dispute de mots. On ne peut s’empêcher de distinguer, ou de reconnaître, un sentiment subjectif de nécessité absolue ou d’impossibilité de concevoir le contraire, qui accompagne invariablement certaines notions intellectuelles. C’est ce sentiment seul qui leur imprime d’abord le caractè!re de vérités necessaires universelles et primitives ; puis, l’ordre ontologique auquel la raison s’attache, en partant des notions dont il s’agit, comme de données hors desquelles rien ne peut être conçu, pas même l’être pensant, etc.
La correspondance, ou l’harmonie parfaite, que notre esprit est nécessité d’admettre entre le monde phénoménal et le monde nominal, celui des substances, des vérités absolues, me semble pouvoir être mise à l’abri de toutes les chances de l’idéalisme et du scepticisme, soit que l’on réunisse les premiers éléments de ces deux mondes dans le fait de conscience, soit qu’on admette un passage de l’un à l’autre, en en dégageant le fait primitif de toute action ou croyance d’être.
Dans ce dernier point de vue, qui est encore le mien, il n’y a de proprement subjectif que ce qui est dans la conscience ; tout ce qui est conçu ou cru comme absolu, y compris l’âme substance avec toutes les formes qu’on attribue à la nature, est essentiellement objectif. Mais il y a deux sortes d’objectifs, l’un qui est tel originairement et par sa nature. C’est tout ce qui est compris sous les relations de substances et d’attributs. L’autre sorte d’objectif a sa source et sa racine dans le subjectif proprement dit, ou dans la conscience même. C’est tout ce qui est conçu sous la relation de causalité active.
Voyez comment cette distinction s’applique à votre difficulté avec M. Ampère. Je n’ai pas la force d’aller plus loin, ma tête est fiévreuse.
Tout à vous.
M.B.
P.S. Faites-moi porter, je vous prie, les mémoires de Berlin, dont vous m’avez parlé ».

Critique, commentaires, articles et ouvrages concernant V. Cousin.
Henri Beyle, qui écrit sous le nom de plume de Stendhal, écrit des Chroniques pour la Monthly Review, pour le London Magazine, ou le New Montly Magazine. Il rend compte assez souvent, dans ses différents « papiers » qui s’étendent sur plusieurs années, de ce qui concerne V. Cousin, et ce, tout au moins au début, de façon très élogieuse. Le texte qui suit est un article, rédigé en septembre 1822, mais non publié, destiné à l’un de ces journaux :
« Il n’y a d’exception que pour les élèves, assez nombreux à la vérité, d’un jeune professeur plein de talent et surtout d’éloquence, qui, pendant quelques années, a donné un cours de philosophie, et auquel il était réservé de faire paraître trop peu spacieuses les salles les plus vastes des collèges où on lui permettait de paraître. Ce jeune philosophe, puissant par la parole, et l’on peut dire digne émule du grand homme (Platon), qui est l’objet de son culte exlusif et dont il prétend ressusciter la philosophie, ce jeune professeur, parlant de littérature avec bonne foi, et ne songeant nullement à se ménager une place à l’Académie française, disait à ses quinze cents auditeurs : “Quant au théâtre, ô mes élèves ! livrez-vous bonnement et simplement aux impressions de votre coeur ; osez être vous-mêmes, ne songez pas aux règles. Elles ne sont pas faites pour votre âge heureux ; vos cours sont remplis de passions brûlantes et généreuses. Placez-vous hardiment sous les portiques des théâtres ; vous en savez plus que tous les rhéteurs ; méprisez les Laharpe et leurs successeurs; ils n’ont écrit que pour faire des livres. Vous, formés comme vous l’êtes par dix ans de travaux sérieux et d’études approfondies, livrez-vous à vos impressions. Généreuse jeunesse, vous aurez toujours raison quand vous pleurerez et les choses dont vous rirez auront toujours une tendance vraiment ridicule.”
Ce qui précède n’est qu’une ombre, une contre-épreuve imparfaite, un souvenir effacé des brillantes leçons prononcées par cette voix éloquente, qui se tait aujourd’hui, et qui était écoutée avec tant de respect.
L’on peut dire que ce jeune professeur a appris, à tout ce qu’il y a de distingué dans la jeunesse, à oser, au théâtre, être soi-même et n’écouter que ses propres impressions. Mais le bienfait des hautes leçons du Platon moderne a été restreint à ceux des jeunes gens qui ont assez de fortune, et par conséquent assez de loisir, pour approfondire des études qui ne sont que de simple agrément. Il serait souverainement injuste de faire un crime à plusieurs élèves des écoles de droit et de médecine, soutenus à Paris par des sacrifices pénibles de la part de leurs familles, de n’avoir pas consacré six mois d’un temps précieux à se faire une idée juste de ce que doit être la littérature en général et, en particulier, la littérature dramatique, en l’an de grâce 1822 ». [Stendhal. Esquisses de la société parisienne. 7 septembre 1822].



Le 16/11/2018