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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1816
  VICTOR COUSIN EN 1816.
En 1816, V. Cousin [1792-1867] est âgé de vingt trois ans. [Il aura vingt quatre ans le 28 novembre 1816]. Le tout jeune homme qu’il est, est professeur dans un collège parisien. Il est répétiteur à l’École normale depuis deux ans. Mais également, il achève, de janvier à juin 1816, sa première année d’enseignement de la philosophie à la Faculté des lettres de Paris, et à partir de décembre sa deuxième année d’enseignement. En effet il a été choisi, en fin d’année 1815, pour suppléer Pierre Paul Royer-Collard [1768-1845], qui vient à quarante sept ans d’être choisi pour présider la nouvelle Commission de l’Instruction publique.
Il est en relation avec Maine de Biran.


Résumé des années précédentes.
1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère Marie Henriette, née Grivelet, est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne en classe de rhétorique il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y poursuit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année ; maître de conférences de littérature en 1814-1815, puis en 1815 [jusqu’en 1822] chargé de conférences de philosophie.

1815. Enseignement à la Faculté des lettres de Paris.
Royer-Collard, succédant à Emmanuel Pastoret, a été nommé professeur d’Histoire de la philosophie moderne à la Faculté des lettres de Paris, en octobre 1810. Mais, à la seconde Restauration, devenu président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique, il est amené à désigner un suppléant. Il choisit V. Cousin, qu’il a pu distinguer au sein de la société spiritualiste constituée autour de Maine de Biran. V. Cousin monte dans la chaire de Royer-Collard en décembre 1815.

1816.
ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES.

V. Cousin continue son enseignement à l’École normale, comme chargé de conférences de philosophie [1815-1822].
Il continue aussi son enseignement à la Faculté des lettres de Paris, commencé le 7 décembre 1815, dans la chaire de Pierre Paul Royer-Collard. Autrement dit dans la chaire d’Histoire de la philosophie moderne, que Royer-Collard occupe en titre, comme successeur d’Emmanuel, marquis de Pastoret [1756-1840], depuis la fin octobre 1810, mais dans laquelle il est obligé de se faire suppléer, en devenant, à partir du 15 août 1815, président de la nouvelle Commission de l’Instruction publique.
V. Cousin commence la deuxième année de son enseignement le 5 décembre 1816.
Comme l’indique Maine de Biran, dans une de ses lettres : « [Cousin] professe la philosophie de Th. Reid, qui est certainement la plus sage, si elle n’est pas la plus savante ni la plus élevée ».
Mais à partir du premier voyage de plus de trois mois que V. Cousin va effectuer en Allemagne, l’année suivante, fin juillet-mi novembre 1817, et des rencontres effectuées avec un grand nombre de professeurs et de philosophes allemands, le contenu de son enseignement changera profondément l’année suivante [fin 1817-mai 1818].

ÉLÉMENTS INSTITUTIONNELS DE L’HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE.
La Commission de l’Instruction publique.
En 1816, les questions d’instruction publique sont traitées, pour le gouvernement royal, par une Commission de l’instruction publique, créée le 15 août 1815, au lendemain des Cent-jours [20 mars-22 juin 1815]. Cette commission remplace auprès du roi le Conseil royal de l’Instruction publique décidé par l’ordonnance du 17 février 1815.
La présidence en est confiée à Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845] conseiller d’État, ancien conseiller au Conseil royal de l’Instruction publique. Il prend en charge cette fonction le 15 août 1815, jusqu’au 29 décembre 1818.
Autrement dit, il assume cette présidence, en partie, dans le cabinet Talleyrand, qui fonctionne du 9 juillet 1815 au 26 septembre 1815. Et en totalité dans le cabinet d’Armand, duc de Richelieu, qui fonctionne du 26 septembre 1815 au 29 décembre 1818.
Les autres membres de la commission sont :
Le naturaliste Frédéric Georges Cuvier [1769-1832], conseiller d’État, conseiller au Conseil royal [Cuvier avait été nommé par ordonnance royale du 17 février 1815 membre du Conseil royal, dont Louis François de Beausset était le président. Conseil, qui compte-tenu des Cent-Jours, n’avait pu fonctionner]
L’orientaliste baron Antoine Isaac Sylvestre de Sacy [1758-1838] membre de l’Institut, professeur au collège royal de France, recteur de l’Université de Paris.
L’abbé Denis Frayssinous [1765-1841] Inspecteur général des études depuis février 1815.
Philibert Guéneau de Mussy [1776-1854] ancien Inspecteur général des études. [Philibert Guéneau de Mussy avait été nommé par ordonnance royale du 17 février 1815 secrétaire du Conseil royal, dont Louis François de Beausset était le président. La fonction de secrétaire général donnait à Guéneau de Mussy la qualité d’Inspecteur général des études].
Claude Bernard Petitot [1772-1825], inspecteur de l’Université de Paris est nommé secrétaire général de cette commission.
En 1816 l’abbé Frayssinous, en désaccord avec Royer-Collard, démissionne. Il est remplacé par l’abbé Dominique Éliçagaray [vers 1760-1822] qui a été l’aumônier de la duchesse d’Angoumême lorsqu’elle est réfugiée en Angleterre, au moment des Cent-Jours.

Cette Commission de l’Instruction publique est chargée d’exercer, sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur [autrement dit de Viénot de Maublanc jusqu’au 7 mai 1816, puis de Joseph Laîné jusqu’au 29 décembre 1818] les pouvoirs précédement attribués, sous le gouvernement de Napoléon, au Grand-Maître et au Conseil de l’Université, ainsi qu’au Chancelier et au Trésorier.
L’ordonnance du 22 juillet 1820 portera le nombre des membres de cette commission à sept. Royer-Collard ayant démissionné, trois nouveaux membres seront désignés : l’abbé Dominique Charles Nicolle [1758-1820], Ambroise Rendu [1778-1860], le mathématicien Siméon Denis Poisson [1781-1840].
Enfin, le 4 octobre 1820, la présidence de la commission est attribuée à Joseph Laîné [qui occupe cette fonction du 4 octobre 1820 au 21 décembre 1820], puis à Jacques, comte de Corbière [1766-1853] [du 21 décembre 1820 au 31 juillet 1821] ; tandis que l’ordonnance du 1er novembre 1820 en modifie l’appellation : la Commission de l’Instruction publique devient Conseil royal de l’Instruction publique, en reprenant l’appellation antérieure du 17 février 1815.

Création d’une commission.
A l’initiative de Joseph Joachim Laîné [1766-1835], alors ministre de l’Intérieur, est créée, en date du 16 juillet 1816, une commission chargée de préparer un projet d’ordonnance concernant l’Instruction publique.
Font partie de cette commission Mgr. Louis François de Beausset [1748-1824], ancien président du Conseil royal au 17 février 1815 ; François René, vicomte de Chateaubriand [1768-1848] ; l’abbé Dominique Eliçagaray [vers 1760-1822], qui a remplacé Denis Frayssinous ; Pierre Paul Royer-Collard [1763-1845], l’actuel président de la Commission de l’Instruction publique. Mais les travaux de cette commission n’aboutissent pas.

Direction de l’École normale.
En 1816 [et depuis la rentrée universitaire 1815-1816] F. Guéneau de Mussy est le directeur de l’École. Il succède à Pierre Guéroult [1744-1821] qui a été, de 1810 à 1815, le premier directeur de l’École.
Une ordonnance du 15 décembre 1815 venait de modifier le règlement. La durée des études est portée à trois ans. De nouveaux enseignants sont nommés : Joseph Naudet [1786-1878], qui à partir de 1821 sera professeur au collège de France dans la chaire de poésie latine, Victor Le Clerc [orthographié aussi Leclerc] [1789-1865] qui a été professeur de rhétorique au lycée Charlemagne, et qui sera Professeur d’éloquence latine à la Faculté des lettres de Paris, complètent l’enseignement de Louis Burnouf [1775-1844] qui est maître de conférences de grec et de latin à l’École normale depuis la création de l’École et qui sera bientôt élu Professeur d’éloquence latine au Collège de France [1817-1844]. Henri Patin [1793-1876], professeur au collège Bourbon, et qui vient de soutenir son doctorat ès-lettres [1814] assure un enseignement sur la littérature grecque, pour les élèves de seconde anné.

F. Guéneau de Mussy sera directeur jusqu’en 1822, date de la suppression de l École par l’arrêté Corbière. Un de ses frères aînés est Philibert Guéneau de Mussy [1776-1854], ancien Inspecteur général des études, membre de la Commission de l’Instruction publique, créée par ordonnance royale du 15 août 1815, au lendemain des Cent-Jours, et fonctionnant sous cette appellation jusqu’au 1er novembre 1820.

Élèves reçus à l’École normale, section lettres, en 1816.
Max Ansard ; Besse, futur professeur au Prytanée militaire de La Flèche ; Nicolas Bouillet [agrégé des lettres en 1821] ; François Commeau [agrégé de grammaire en 1831, futur professeur au collège Sainte-Barbe] ; Doquin ; Charles Marie Dunoyer, futur conseiller d’État ; Jacques Edom ; Flamanville, futur Inspecteur d’académie ; Gibon [futur professeur au collège Louis le Grand] ; Gresset ; Pierre Jouen, futur recteur d’Académie ; Lebreton ; Théophile Lodin-Lalaire [agrégé des lettres en 1821, futur Professeur de littérature française à la Faculté des lettres de Dijon] ; Adolphe Mazure, futur professeur de philosophie à Louis-le-Grand ; Parizot ; Charles Rinn, futur recteur de l’Académie de Strasbourg ; Silvy ; Prosper Soulès ; Augustin François Théry, futur Inspecteur général de l’Instruction publique ; Tieys.

Les docteurs ès-lettres en 1816.
Faculté des lettres de Paris.
*Louis Mézières [1793-1872], futur recteur d’Académie.
Docteur ès-lettres [Paris, 5 août 1816] avec une thèse sur De l’Épopée. La thèse latine porte sur De principiis generalibus [in-4, 24 p.].
Professeur de rhétorique au collège de Lyon [1830-1835]. Recteur de l’Académie de Metz [1835-1848].
Jean Philibert Damiron, futur professeur à la Faculté des lettres de Paris.
Docteur ès-lettres [Paris, 5 août 1816] avec une thèse sur De l’éloge académique [in-4, 30 p.]. La thèse latine porte sur De lege substantiarum ad notionem meimet applicata [in-4, 16 p.].
Membre titulaire de l’Académie des sciences morales et politiques [décembre 1836] section de philosophie [fauteuil 1].
Charles Félix Ansart [1796-1849], futur inspecteur d’Académie.
Ancien élève de l’École normale [1813].
Docteur ès-lettres [Paris, 17 août 1816] avec une thèse sur Sophocle [in-4, 26 p.]. La thèse latine porte sur De principio ethicae, seu de facultate morali [in-4, 20 p.].
Professeur Ancien professeur d'Histoire et de géographie au collège Saint Louis à Paris, puis recteur de l'Académie de Caen.
Louis Bautain [1796-1867], futur professeur à la Faculté des lettres de Strasbourg.
Docteur ès-lettres [Paris, 10 août 1816] avec une thèse sur De la Satire [in-4, 26 p.] La thèse latine porte sur De Idealismo et Phoenomenismo, in eo quod pertinet ad existentium substantiae spiritualis [in-4, 37 p.].
Douy, futur régent au collège de Bayeux.
Docteur ès-lettres [Paris, 12 août 1816] avec une thèse sur Du Poème didactique[in-4, 20 p.]. La thèse latine porte sur De notione meriti et demiriti [in-4, 14 p.].
Théodore Jouffroy, futur professeur à la Faculté des lettres de Paris.
Docteur ès-lettres [Paris, 12 août 1816] avec une thèse sur le sentiment du beau est différent de celui du sublime : ces deux sentiments sont immédiats. La thèse latine porte sur De causalitate [in-4, 26 p.].
Professeur adjoint de la chaire d’Histoire de la philosophie moderne [1830]. Chaire de philosophie grecque et latine au Collège de France [1832-1837]. Chaire de Philosophie à la Faculté des lettres de Paris [1837].
Membre de l’Académie des sciences morales et politiques [1833], section de morale, puis section de philosophie.

PROGRAMME DE COURS.
[1816] 1. Rédige le Programme du cours sur la question de l'existence personnelle.
« PROGRAMME DU COURS SUR LA QUESTION DE L’EXISTENCE PERSONNELLE.

PREMIER SEMESTRE.
Le professeur ne développe pas les différents systèmes de la philosophie moderne dans leur succession et dans leur ensemble ; il présente sur chaque question particulière les solutions qu’en ont données les plus grands philosophes depuis Descartes.
La première question philosophique est celle de notre propre existence, celle du moi.
La question générale a d’abord été décomposée dans ses diverses parties ; toutes les questions qui y sont engagées et les difficultés qui s’y rencontrent ont été reconnues ; ensuite est venue l’exposition et la discussion des systèmes.

QUESTIONS DIVERSES CONTENUES DANS LA QUESTION GÉNÉRALE.
L’homme croit-il à son existence personnelle, à celle d’un moi, sujet réel et substantiel de ses facultés et de toutes ses modifications, et quels sont les caractères de cette croyance ?
Si le genre humain croit au moi, et au moi substantiel, s’il y croit universellement et nécessairement, quel est alors le devoir du philosophe ?
Si la notion du moi est un fait, comment l’expliquer, et qu’est-ce qu’expliquer une notion ?
Le raisonnement peut-il rendre compte de la notion du moi ?
Ou la sensation ?
Ou la réflexion ?
Ou l’imagination ?
Ou la conscience ?
Ou l’abstraction ?
Ou la généralisation ?
Ou le principe d’association appliqué à des sensations ou à des idées ?
S’il est certain, d’un côté, que les divers principes intellectuels ci-dessus mentionnés ne peuvent rendre compte de la notion du moi, et si, d’un autre côté, cette notion est un fait incontestable, à défaut des principes précédents, il faut avoir recours à un principe nouveau et rapporter cette notion à une loi particulière de la nature humaine : principe ou loi des substances.
Quel est le mode d’action de cette loi ?
Agit-elle seule ou concurremment ? Son action peut-elle être séparée de celle de la conscience ? Connaissons-nous le moi sans ses modifications, ou connaissons-nous les modifications du moi dans le moi lui-même ?
L’action de la loi des substances est-elle postérieure ou antérieure à l’opération de la conscience, ou n’en est-elle pas contemporaine ?

SYSTÈMES EXPOSÉS. –
PHILOSOPHIE FRANÇAISE DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.
Est-il vrai que Descartes ait tiré l’existence de la pensée par voie de raisonnement ? Réfutation de Reid, et réhabilitation de la doctrine des Méditations. Descartes a reconnu le moi et la loi particulière qui nous le donne.

PHILOSOPHIE ANGLAISE.
Ce n’est point Descartes, c’est Locke qui a introduit le scepticisme dans la philosophie moderne, relativement au moi.
Système de Locke, ses contradictions continuelles. Locke, d’après sa théorie des idées, devrait nier toute réalité et par conséquent le moi.
La théorie des idées, appliquée à la question des substances, commence par les ébranler, et détruit successivement et la substance extérieure entre les mains de Berkeley, et la substance spirituelle entre celles de Hume.
Idéalisme de Berkeley, son caractère. Berkeley ne détruit pas le principe des substances, mais il ne l’applique pas à la matière ; il reconnaît le moi et devait le reconnaître.
Hume détruit le principe des substances, et par conséquent il ne l’applique ni aux phénomènes sensibles ni à ceux de la conscience et renverse toute réalité.

PHILOSOPHIE ÉCOSSAISE.
Travaux de Reid. Il détruit l’idéalisme, rétablit les réalités et le moi, admet la loi des substances, la décrit mal, et semble la confondre avec l’opération de la conscience.
L’inexactitude de Reid devient une erreur positive dans les écrits de deux de ses disciples, Beattie et Campbell.
Opinion de M. Dugald Stewart. Il sépare la loi des substances de l’opération de la conscience, mais il se trompe en ce qu’il accorde la conscience une action antérieure.

PHILOSOPHIE ALLEMANDE.
Leibnitz. Idéaliste et réaliste.
La philosophie de Kant aboutit au scepticisme.
L’académie de Berlin joue, relativement à l’école allemande, le même rôle que l’école écossaise relativement à l’école anglaise.
Merian et Ancillon s’arrêtent à peu près où s’était arrêté Reid.

PHILOSOPHIE FRANçAISE DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
Cette philosophie est celle de Locke. – Condillac. Moi collectif – Rapport et différence de Condillac et de Bonnet. – Le seul homme célèbre qui n’ait pas entièrement plié sous la théorie régnante est M. Turgot. Son opinion. – L’abbé de Lignac.

Les résultants de cette double analyse, psychologique et historique, sont :
1° La destruction de la théorie des idées, et celle de la théorie du jugement, considéré comme perception de rapport entre deux idées, deux theories dont Locke est le principal auteur.
2° Etablissement d’une loi de l’esprit humain.
3° Emploi d’une méthode sévère qui peut renouveler la métaphysique en la réduisant à une science de faits intellectuels, soumis à l’observation comme tous les phénomènes, et qu’il s’agit de constater, de décrire et de rappeler à leurs lois.

DEUXIÈME SEMESTRE.
Le moi ainsi obtenu, établir son identité, sa simplicité, sa spiritualité.
Même méthode, même vues théoriques et historiques.

[1846] 2. Publié dans Premiers essais de philosophie [1846, Paris : Librairie nouvelle, in-18, XX-350 p.] et ses différentes rééditions, 1855, 1862, 1873 [6ème édition revue et augmentée, pages 45-48].

[5 décembre 1816] Discours prononcé à l’ouverture du Cours [de l’histoire de la philosophie moderne] le 5 décembre 1816 : Classification des questions et des écoles philosophiques.
Incipit : « Au lieu de se précipiter aveuglément et d'égarer ses forces dans le dédale de ces milliers de questions particulières dont l'infinie variété éblouit et déconcerte l'attention la plus opinâtre, il faut d'abord ramener toutes ces questions qui s'enfuient et s'éparpillent pour ainsi dire à un certain nombre de problèmes éminents, qui comprendraient tous les autres, et sur lesquels se porteraient les forces réunies de l'intelligence.
La première loi d'une telle classification est d'être complète, d'embrasser toutes les questions, et celles qui se présentent d'elles-mêmes, et celles qu'il faut aller chercher dans les profondeurs de la science.
La seconde loi est d'établir le rapport de toutes les questions rassemblées, et de marquer avec précision l'ordre dans lequel chacune d'elle doit être traitée. »
[1826] 1. Publié dans la première édition des Fragmens philosophiques, Paris : A. Sautelet et Cie, 1826, et dans ses différentes rééditions :
[1833] 2.
[1838] 3. Fragments philosophiques, tome 1, pages 319-333.
N'est pas repris dans les éditions ultérieures des Fragments philosophiques.
[1846] 4. Repris dans les Premiers essais de philosophie [1846, Paris : Librairie nouvelle, in-18, XX-350 p.] et ses différentes rééditions, 1855, 1862, 1873 [6ème édition, pages 267-281].

CORRESPONDANCE : LETTRES...DE, À, AU SUJET DE...V. COUSIN.
Lettre de Maine de Biran [1766-1824], qui suit une cure dans les Pyrénées, à M. Campsagret.
« […] Le certain Cousin dont vous me parlés [sic], est un jeune élève de M. Royer Collard, qui l’a chargé provisoirement de faire son cours de philosophie d’après les mêmes errements. Il professe la philosophie de Th. Reid, qui est certainement la plus sage, si elle n’est pas la plus savante ni la plus élevèe. Le jeune Cousin a contracté avec moi, dans ces derniers tems [sic], une affinité particulière, et je m’honore d’avoir quelque influence, sur la direction de son cours. Vous voyés [sic], donc que, s’il chasse sur mes terres, c’est de mon plein consentement. J’ai ma bonne part du gibier. Car mon livre sera beaucoup mieux entendu par ses disciples que par ceux de Condillac. On verra ce que j’ai ajouté à la philosophie de Reid, qui est, à mon avis, un point de départ bon et solide. » [Saint-Sauveur, le 6 août 1816].
Le correspondant de Maine de Biran : le docteur Campsagret est Conseiller de Préfecture à Périgueux, et en devint secrétaire général.
Quant à l’ouvrage qu’annonce Maine de Biran c’est vraisemblablement : Examen des leçons de philosophie de M. Laromiguière ou Considérations sur le principe de la psychologie, sur la réalité de nos connaissances et l’activité de l’âme, Paris, Fournier, in-8, paru anonymement en 1817.
Cette lettre, citant V. Cousin, est publiée dans Nouvelles lettres inédites de Maine de Biran et de quelques uns de ses amis, publiées par le chanoine Mayjonade, vicaire général honoraire de Périgueux. Besançon : imprimerie de l’Est, in-12, 213 p., 1924.

CRITIQUE, COMMENTAIRES, ARTICLES ET OUVRAGES CONCERNANT V. COUSIN.
Portrait de V. Cousin.
Dans une notice nécrologique consacrée à Charles Loyson [1791-1819], ancien élève de l’École normale [1811]. mort en juin 1819, Augustin François Théry [1796-1878], trace le portrait de ses enseignants à l’École normale : Théodore Jouffroy, V. Cousin, Charles Loyson.
« M. Cousin, disait-il, nous séduisait par l’éclat de sa parole, nous entraînait par sa conviction éloquente ; nul ne savait mieux que lui s’emparer des esprits et jeter à ses élèves les mots puissants qui remuent dans un jeune homme tout un monde d’idées. ».

Le 16/08/2018