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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1813
  En 1813, V. Cousin [1792-1867] est âgé de vingt ans. [Il aura vingt et un ans le 28 novembre 1813]. Ce tout jeune homme a achevé ses études à l’École normale [1810-1812] et va déposer à la Faculté des lettres de Paris sa thèse latine de doctorat [juillet 1813].
Il est professeur dans un collège parisien, et déjà répétiteur de grec et de latin à l’École normale, comme assistant de Abel François Villemain, maître de conférences de littérature, de 1810 à 1816.

Résumé des années précédentes.

1792-1810.
V. Cousin, né le 28 novembre 1792, est le second fils d’un ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère Marie Henriette, née Grivelet, est blanchisseuse.
Il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [école créée en 1797, l’une des trois écoles centrales établies à Paris pour l’enseignement secondaire].
Pensionnaire dans la pension Lepître, V. Cousin fait toutes ses études au lycée Charlemagne. Il y redouble sa quatrième, mais passe directement de la classe de troisième à la classe de rhétorique [classe de première]. Il y obtient année après année les prix de grec ou de latin.

1809-1812. L’École normale .
Au collège Charlemagne, en classe de rhétorique, il obtient le prix du discours latin. Il est alors distingué, sans être bachelier, pour entrer sans concours, à dix-sept ans, par arrêté du 15 septembre 1810, à l’École normale, qui vient d’être créée et qui accueille, pour la première fois, dans sa section de lettres une cinquantaine d’élèves.
Il est classé premier de la première promotion, et y accomplit ses études pendant deux ans. Obtient sa licence en novembre 1811, et dès octobre 1812 est nommé élève répétiteur de grec et de latin, comme auxiliaire de François Villemain, dont il a été l’élève, auprès des étudiants de première année.


ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES.
À partir de 1813, comme chargé de conférences de philosophie [après avoir déposé sa thèse latine], il suit avec ses élèves les leçons de la Faculté des lettres, et les discute avec eux. Théodore Jouffroy, Jean Philibert Damiron, Louis Bautain*, constituent son premier cénacle.
« Il fallait la révolution de 1814 pour qu'une spécialité philosophique pût être créée au sein de l'École par M. Cousin. MM. La Romiguière et Royer Collard n'avaient professé qu'à la Faculté des Lettres, mais aucun enseignement philosophique approprié ne s'adressait aux élèves [de l'École normale] ; M. Cousin eut, en 1814, l'honneur de le fonder, et MM. Jouffroy, Damiron et Bautain furent ses premiers disciples. » [Sainte-Beuve, p. 924]

Thèse de doctorat :
[Universitas imperialis. Facultas litterarum in Academia parisiensi.] Dissertatio philosophica de methodo sive de analysi, quam ad publicam disceptationem proponit ad doctoris gradum promovendus Victor Cousin, die julii decima nona 1813, Paris, imp. de Fain (sans date), in-4, 20 p.
Remise en juillet 1813. « Il s'y montre fervent disciple de Condillac, qui selon lui, "avait le mérite de résumer tout ce que Bacon, Descartes, Malebranche et Locke ont appris au monde". Il est donc sensualiste, et il déclare que l'analyse est la vraie méthode philosophique. » [BSH, 29].

ÉLÉMENTS INSTITUTIONNELS DE L’HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE.
Direction de l’École normale.
En 1813 [depuis sa création en 1810 et jusqu’en septembre 1815, ce qui correspond à la seconde Restauration], le chef de l’École est Pierre Guéroult [1744-1821], ancien proviseur du lycée Charlemagne, dit Guéroult l’aîné, pour le distinguer de son frère cadet, Pierre Rémi Antoine Guillaume Guéroult [1749-1816], professeur d’Éloquence latine au collège de France [1809-1816].
Le médecin François Guéneau de Mussy [1774-1857], qui a été un temps médecin ordinaire du comte d’Artois [futur Charles X] lui succèdera en septembre 1815 au moment de la seconde Restauration, et sera directeur jusqu’en septembre 1822, date de l’ordonnance royale supprimant l’École normale, ordonnance contresignée par Jacques, comte de Corbière, ministre secrétaire d’état au département de l’intérieur.

Élèves reçus en 1813 à l’École normale, section lettres.
Auguste Agon ; Fortuné Albrand ; Joseph Anceau ; Charles Ansart ; Joseph Armandies ; Jean Barbier ; Louis Bautain ; Démophile Blocquet ; [Louis Firmin] Hervé Bouchitté ; Chantelot ; Pierre Alexis Corneille ; Jean Cournand ; Cremières ; Jean Philibert Damiron ; Félix [Désiré] Dehèque ; Deroissy ; Louis Dubois; Charles Duflos ; Emmanuel Dumas ; Louis Forget ; Jean François Gail ; Jean Gavinet ; Alexis Gensollencq ; Godon ; Grangeneuve ; Guillard ; Pierre Guyot ; Jean Hugot ; Adrien Jarry de Mancy ; Alexandre Johannet ; Théodore Jouffroy ; Marie Julien ; Louis Mignon ; Jacques Moreau-Champlieux ; Hippolyte Morin-Champrousse ; Aimé Pariset ; Achille Épaminondas Perreau ; Jacques Pruissenacre ; Léonide Rabany ; François Ragon ; Jean Remoussin ; Emmanuel [Philippe] Roux ; François Thivrier ; Jacques Tongard-Boismilon ; Auguste Trognon ; Louis Verhaeghe ; Balthazard Vernadé ; Louis Viollette.

Les docteurs ès-lettres en 1813.
Fondée par la loi du 10 mai 1806, l'Université impériale est organisée en mars et septembre 1808. Trois grades sont définis : baccalauréat ; licence ; doctorat.
Un premier doctorat est délivré en 1810, à la Faculté de Besançon à Pierre Fontanier [1765-1844], alors professeur d’humanités au lycée de Besançon. ; deux doctorats à la Faculté de Paris, en 1811 ; neuf doctorats à la Faculté de Paris en 1812 ; un doctorat à Poitiers en 1812.
En 1813 les dilômes de doctorat sont délivrés pour la quatrième fois.

En 1813, les docteurs de la Faculté de Paris sont :

Charles Loyson [1791-1819].
Ancien élève de la deuxième promotion de l’École normale [1811].
Doctorat ès-lettres en 1813 [Paris, 28 juillet 1813]. De la manière de traduire les poètes anciens [in-4, 19 pages]. La thèse latine porte sur De Definitione [in-4, 31 p.]. Les thèses ne semblent pas avoir été éditées en ouvrage.
Maître de conférences de littérature à l'École normale à partir de 1815. Rédacteur au Journal des Débats, chef de bureau au ministère de la Justice. A collaboré avec François Guizot, aux Archives philosophiques et au Spectateur français. Un des fondateurs du journal le Lycée français.
Répétiteur à l’École normale.

Alphonse Jean Ducasau [1793-1838].
Ancien élève de la deuxième promotion de l’École normale [1811].
Docteur ès-lettres en 1813 [Paris, 29 juillet 1813] avec une thèse de belles-lettres, littérature ancienne et moderne. Sur les chœurs des tragédies antiques [in-4, 32 p.]. Édité [Paris : impr. de Fain. In-4, 32 p.].
La thèse latine porte sur De Certudine [in-4, 27 p.]. Édité [Parisiis : typis Fain. In-4, 27 p.].
Recteur d’Académie [Poitiers : 1833-1838 ; Angers : 1838].

Antoine Jacques Marie Garrigues.
Ancien élève de la deuxième promotion de l’Ecole normale [1811].
*Docteur ès-lettres [Paris, 29 juillet 1813], avec une thèse de belles-lettres, littérature ancienne et moderne : De la nature, de l’origine et des avantages de l’Apologue [in-4, 16 p. ]. Édité sous le titre De l’Apologue [Paris : impr. de Fain. In-4, 16 p.].
La thèse latine porte sur De natura et origine idearum boni et mali moralis [in-4, 35 p.]. La thèse latine ne semble pas avoir été éditée en dehors de la Faculté.

Louis [Sylvain] Seguy-Villevaleix, [1792-1859].
Ancien élève de la seconde promotion de l’École normale [1811].
Docteur ès-lettres en 1813 [Paris : 30 juillet 1813] avec une thèse de belles-lettres. Littérature ancienne et moderne : Sur les harangues des historiens [in-4, 16 p.]. La thèse ne semble pas éditée en dehors de la Faculté.
La thèse latine a pour titre De sociabilite [in-4, 16 p.]. La thèse ne semble pas éditée.
Professeur au lycée d’Orléans.

Gabriel Fort Dutrey [1792-1870].
Ancien élève de l’École normale [1811].
Docteur ès-lettres [Paris : 30 juillet 1813] avec une thèse de belles-lettres : Littérature ancienne et moderne De l'Imitation [in-4, 19 p.]. Édité [Paris : impr. de Fain. In-4 ?, 19 p. ]
La thèse latine a pour titre : Dissertatio philosophica de libertate [in-4, 27 p.] Édité [Paris : impr. de Fain. In-4 ?, 27 p. ].
Inspecteur général de l’Instruction publique.

Jean Louis Larauza [1793-1825].
Docteur ès-lettres, [Paris, 20 novembre 1813], avec une thèse, De la Poésie bucolique [27 p., in-4]. La thèse latine porte sur De natura et objecto mataphysicae [32 p., in-4].
Maître de conférences à l’École normale.

Faculté de Grenoble
Dumont.
Docteur ès-lettres [Grenoble, 12 juin 1813], avec une thèse sur L’Épisode considéré dans la poésie épique [in-12, 12 p.].
La thèse latine porte sur Natus homo ad societatem [in-4].

Faculté de Poitiers.
Cardin.
Docteur ès-lettres [Poitiers, 17 février 1813], avec une thèse sur De la Tragédie [in-4].
La thèse latine porte sur De ideis ; An existat Deus et quidem unicus ; De lege naturali.

Le 16/11/2018