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Notice de Victor Cousin Biographie

Année :  1806
  En 1806, Victor Cousin [1792-1867] a treize ans. Il aura quatorze ans le 28 novembre 1806. Il est en classe de quatrième au lycée Charlemagne, qu'il suit une première fois, de fin 1805 à la sortie des classes en été 1806, et qu'il redouble de fin 1806 à la sortie des classes en été 1807.
1806 : RÉSUMÉ DES ANNÉES PRÉCÉDENTES.

1792-1806. L'ENFANCE.
Victor Cousin, né le 28 novembre 1792 [8 frimaire an I de la République], est le second fils de Joseph Cousin [1753-1827] ouvrier joaillier exerçant à Paris dans l’île de la Cité, au Marché neuf. Sa mère Marie Henriette, née Grivelet [1754-1830], est blanchisseuse.
Grâce au soutien financier des parents d’Épagomène Viguier, il entre au lycée Charlemagne en fin 1804 [il a alors douze ans], l’année de la création de ce lycée qui succède à l’École centrale de la rue Saint-Antoine [créée par décision de mars 1795 dans l’ancienne maison professe des jésuites]. C’est l’une des trois écoles centrales établies en 1797 à Paris pour l’enseignement secondaire, les deux autres écoles étant l’École centrale du Panthéon [Henri-IV], et l’École centrale des Quatre Nations [Bibliothèque Mazarine].

ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES EN 1806.

VICTOR COUSIN EN CLASSE DE QUATRIÈME.
Victor Cousin est en classe de quatrième. Il a treize ans. Il suit les classes du Lycée Charlemagne, en qualité d'élève externe de la pension Lepître, établissement portant selon l'usage du temps, le nom de son directeur : Jacques François Lepître [1761-1821], orthographié parfois Le Pître. C'est dans cette pension, qu'un peu plus tard, en janvier 1815, Honoré de Balzac [1799-1850], l’année de ses Humanités, passera quelques mois. On trouve, sous la plume de Balzac, dans les premières pages de son roman, Le Lys dans la vallée [1836], une description de la pension Lepître.

LA PENSION LEPÎTRE.
La pension Lepître, créée en 1804 par Jacques François Lepître [1761-1821], réputé pour son attachement aux idées royalistes, était située, comme beaucoup d’autres pensions en relation avec le lycée Charlemagne, dans le quartier du Marais. Plus précisément dans l’ancien Hôtel du marquis de Joyeuse, 9 rue de Saint-Louis, rebaptisée rue de Turenne [aujourd’hui 37 et 39 rue de Turenne]. L’établissement fonctionnera jusqu’à l’automne 1815, autrement dit jusqu'à la seconde Restauration.
Elle reçoit en pension, et fournit, comme son nom l’indique, le dormir et le manger à des élèves qui suivent dans la journée l'enseignement d’un lycée, généralement le lycée Charlemagne, tout en bénéficiant, à la pension le soir, de cours complémentaires.

LE LYCÉE CHARLEMAGNE.
Le lycée Charlemagne est installé dans les locaux de l’ancienne maison professe des Jésuites, devenus le 22 octobre 1797 École Centrale de la rue Saint-Antoine.
C'est l'une des trois écoles centrales créées par le décret du 1er mars 1795 [11 ventôse an III] et qui fonctionneront jusqu'en 1802 : École centrale du Panthéon [Lycée Napoléon de 1804 à 1815, puis collège royal Henri-IV] dans l'ancienne abbaye Sainte-Geneviève ; École centrale des Quatre-Nations [aujourd'hui Bibliothèque Mazarine] ; École Centrale de la rue Saint-Antoine [Charlemagne].

Dans cette École Centrale de la rue Saint-Antoine enseignent Ange François Fariau* de Saint-Ange [1747-1810], traducteur des Métamorphoses d'Ovide, futur membre de l'Académie française [1810] ; Dieudonné Thiébaut [1733-1807], ancien Jésuite, professeur de Grammaire générale à l’École militaire de Berlin, futur proviseur du lycée de Versailles [1804] ; le naturaliste Valmont de Bomare [1731-1817], directeur du cabinet d'histoire naturelle et de physique du prince de Condé à Chantilly, auteur d'un Dictionnaire d'histoire naturelle [1764] ; Chrétien Siméon* Le Prévost d’Iray [1768-1849], historien et homme de lettres, futur censeur au lycée Louis-le-Grand [1804-1809], Inspecteur général de l'Université [1808-1817] ; le géographe Edme Mentelle [1730-1813], ancien professeur à l’École militaire, nommé en novembre 1795, à l'Institut national dans la deuxième classe [Sciences morales et politiques, dans la section de Géographie].

Le nom de lycée Charlemagne est donné en 1804 et se substitue au nom d'École Centrale de la rue Saint-Antoine.
L'établissement peut recevoir environ deux cents élèves, tous externes.

GUÉROULT PREMIER PROVISEUR DU LYCÉE CHARLEMAGNE.
Pierre Claude Bernard* Guéroult [1744-1821], dit Guéroult l’aîné, pour le distinguer de son frère cadet, Pierre Antoine* Guéroult [1749-1816], professeur d’Éloquence latine du collège de France [1809-1816] est le premier proviseur du lycée Charlemagne.

Tout d'abord, enseignant de rhétorique au collège d’Harcourt à Paris [actuellement lycée Saint-Louis], professeur de Langues anciennes à l’École centrale des Quatre-Nations [emplacement actuel de la bibliothèque Mazarine], Pierre Claude Bernard* Guéroult a été nommé proviseur du lycée Charlemagne le 19 août 1804. Il restera proviseur jusqu'en septembre 1809, date à laquelle il est nommé chef de l'École normale qui va ouvrir ses portes à une cinquantaine d'élèves commençant, pour deux ans, leur scolarité en septembre 1810.

Le 16 septembre 1808, par décret impérial, Pierre Claude Bernard* Guéroult sera nommé l'un des dix conseillers titulaires du Conseil de l'Université [créé par le décret du 17 mars 1808] placé sous la présidence de Louis de* Fontanes [1757-1821], Grand-Maître de l'Université.

Sont conseillers titulaires [à distinguer de la vingtaine des conseillers ordinaires] : Louis François de Bausset [1748-1824], ancien évêque d’Alais [Alès], membre du chapitre impérial de Saint-Denis ; Gaspard Gilbert Delamalle [1752-1834], conseiller d’État [depuis 1811] ; l'abbé Jacques André Emery [1723-1811] ; André Jean Simon Nougarède de Fayet [1765-1825], président à la Cour impériale, baron de l’Empire ; Martial Borye Desrenaudes [1755-1825] ; Louis de Bonald [1754-1840] ; Georges Cuvier [1769-1832], membre de l’Institut ; Laurent de Jussieu [1748-1836], membre de l’Institut ; Pierre Claude Bernard Guéroult [1744-1821], proviseur du lycée Charlemagne.

Le censeur des études qui l'assiste est l'ancien professeur d'Histoire naturelle Jacques Christophe Valmont de Bomare [1731-1807], censeur du 19 août 1804 au 25 août 1807 ; puis Targe, nommé le 25 août 1807 et qui restera en fonction jusqu'à la seconde Restauration en septembre 1815.

LE REMPLACEMENT DE GUÉROULT COMME PROVISEUR À CHARLEMAGNE.
Après sa nomination comme chef de l'École normale, Pierre Claude Bernard* Guéroult est remplacé comme proviseur du lycée Charlemagne par Pierre Crouzet [1753-1811], agrégé de 1778, professeur d'histoire et de rhétorique au collège de Montaigu [1780], dont il devient le principal [1791], directeur de l'École nationale de Liancourt [1795-1801], ancien proviseur du Prytanée de Saint-Cyr [1801], en fonction au lycée Charlemagne comme proviseur de septembre 1809 au 1er janvier 1811.
Associé de l'Institut national, dans la Classe de Littérature et Arts, section de Grammaire [24 mai 1799].

LES PREMIERS PROVISEURS DU LYCÉE CHARLEMAGNE.
Ainsi Pierre Claude Bernard* Guéroult est remplacé, en septembre 1809, comme proviseur du lycée Charlemagne par Pierre Crouzet, en fonction de de septembre 1809 au 1er janvier 1811.
Pierre Crouzet est remplacé par Nicolas Daireaux [1759-1836], agrégé de 1784, ancien directeur du collège d'Harcourt en 1791 [futur lycée Saint-Louis] ; membre du jury d'instruction de l'École centrale d'Évreux ; en fonction au lycée Charlemagne comme proviseur du 4 janvier 1811 au 24 août 1815. Conseiller général de l'Eure, choisi le 9 mai 1815 pour représenter son département à la Chambre des Cent-Jours. Destitué par les Bourbons à la seconde Restauration.
En 1815, au moment de la seconde Restauration, Nicolas Daireaux est remplacé comme proviseur par Joseph Dumas [1755-1837], ancien censeur du lycée Napoléon [Henri-IV], de 1804 à 1815. Joseph Dumas reste en fonction à Charlemagne jusqu'à sa mort le 24 février 1837.
En 1837, Joseph Dumas est remplacé, comme proviseur du collège Charlemagne, par Auguste Poirson [1795-1871], ancien élève de l'École normale [1812], professeur d'histoire au lycée Napoléon [Henri-IV], à partir de 1818, proviseur du collège Saint-Louis, de décembre 1833 à mars 1837. Proviseur du collège Charlemagne, du 1er mars 1837 au 19 avril 1853. Mis à la retraite en 1853.
En avril 1853, Auguste Poirson est remplacé, comme proviseur du lycée Charlemagne, par Auguste Nouseilles [1798-1881]. Maître d'études à Pau [1817-1819], professeur au collège royal d’Avignon [1819-1825], professeur de cinquième [1825-1829], puis professeur d'histoire [1829-1830], proviseur du collège royal de Lyon [1830-1833].
Est recteur pendant vingt-ans [Orléans, 1833-1841 ; Bordeaux, 1838-1841 ; Toulouse, 1841-1850 ; Bas-Rhin, 1850-1853].
Nommé proviseur du lycée Charlemagne le 19 avril 1853. Reste en poste jusqu'au 13 août 1872, date de sa mise à la retraite.

ÉLÉMENTS INSTITUTIONNELS DE L’HISTOIRE DE L'INSTRUCTION EN 1806.

LA LOI DU 10 MAI 1806
L’Université impériale est fondée par la loi du 10 mai 1806. Cette loi a été préparée par Antoine François Fourcroy [1755-1809] directeur général de l’Instruction publique depuis mars 1802.
La loi sera mise en œuvre, deux ans plus tard, à partir de 1808, en mars et septembre, par Louis Marcellin de Fontanes [1757-1821], président du Corps législatif et désigné comme Grand-Maître de l’Université, par décret du 17 mars 1808 ; tandis que Jean Chrysostome de Villaret [1739-1824], évêque de Casal, est nommé Chancelier ; et que Jean Baptiste Delambre [1749-1822], ancien Inspecteur général de l'Instruction publique [1802-1803], secrétaire perpétuel de la première Classe [sciences physiques et mathématiques] de l’Institut national, titulaire de la chaire d'astronomie du collège de France, est nommé Trésorier [1808-1814].

LES ORDRES DES FACULTÉS.
Il est prévu d'établir cinq ordres de Facultés :
Facultés de Théologie.
Facultés de Droit.
Facultés de Médecine.
Facultés des Sciences mathématiques et physiques.
Facultés de Lettres.

La principale fonction des facultés est de constituer des jurys d’examen pour conférer les diplômes correspondant à des grades : baccalauréat ; licence ; doctorat.
Les Facultés des lettres prolongent les lycées, avec lesquels elles partagent une partie de leur corps enseignant et de leurs élèves.

ORGANISATION DES LYCÉES.
Il est prévu qu' < il y aura un lycée, au moins, par arrondissement de chaque Cour d'Appel >.
L'instruction s'y donne aux élèves que la gouvernement y place ; à ceux des Écoles secondaires qui y sont admis par un concours ; à ceux que les parents pourront y mettre en pension ; et à des externes. Il y a dans chaque Lycée un proviseur, qui a immédiatement sous lui un censeur des études, et un procureur gérant [économe], qui sont nommés par l'Empereur et forment le conseil d'administration de l'École. Dans chaque ville où sont établis les Lycées, il y a un bureau d'administration, composé du préfet du département, du Président de la Cour d'appel, du Procureur général impérial près de la Cour de justice criminelle, du maire et du proviseur.

LES ENSEIGNEMENTS DES LYCÉES.
Il est prévu que dans les lycées < on y enseignera les langues anciennes, la rhétorique, la logique, la morale, les éléments des sciences mathématiques et physiques. On y enseignera aussi le dessin, les exercices militaires, et les arts d'agrément >. Mais, pendant un certain temps, jusqu'en 1809, les enseignements des lycées se répartissent encore classiquement en Belles-Lettres [un enseignant] ; Latin [trois enseignants] ; Mathématiques transcendantes [un enseignant] ; Mathématiques [trois enseignants]. À partir de 1809, après deux années de Grammaire [première et deuxième années d’enseignement des lycées ; autrement dit sixième et cinquième] ; deux années d’Humanités [troisième et quatrième années d’enseignement des lycées ; autrement dit quatrième et troisième ] ; une année de Rhétorique [cinquième année d’enseignement des lycées ; autrement dit seconde] ; la sixième année de l’enseignement des lycées oblige à une bifurcation, ou bien une année de Philosophie, ou bien une année de Mathématiques transcendantes. C'est le règlement du 19 septembre 1809 qui introduit les cours de philosophie dans les lycées, et un arrêté du 10 février 1810 qui impose la philosophie dans tous les lycées sans exception.

1806. LES INSPECTEURS GÉNÉRAUX DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.
Au moment où se créent les lycées, le Consulat constitue pour la première fois, au sein de l’administration, par la loi générale sur l’Instruction publique du 1er mai 1802 [11 floréal an X] le corps des . En juin 1802 est publié une première liste de trois noms, celle des Inspecteurs généraux de l’instruction publique : Jean Baptiste Delambre [1749-1822] ; Dom Raymond Despaulx [1726-1818] ; François Joseph Michel* Noël [1756-1841] ; et à la même date une liste de trois autres noms, celle des : Charles Augustin de* Coulomb, Georges Cuvier, Gabriel Luce* Villar.
Mais en 1806, l'appellation spécifique de Commissaire pour la formation des lycées disparaît. Le titre d'Inspecteur général de l'Instruction publique est remplacé par celui d'Inspecteur général des études. La liste des Inspecteurs généraux des études [trois inspecteurs réunis à trois membres de l'Institut] se répartit selon trois commissions.
La première commission comporte les noms de François Joseph Michel*Noël [1756-1841] et de Charles Augustin de Coulomb [1736-1806], membre de l'Institut.
La deuxième commission comporte les noms de Louis Lefevre-Gineau [1751-1829], membre de l'Institut, et de Noël Gabriel Villar [1748-1826], membre de l'Institut.
La troisième et dernière commission comporte les noms de dom Raymond Despaulx [1726-1818], de Marie Joseph de Chénier [1764-1811], membre de l'Institut, et de Louis Domairon [1745-1807], suppléant de Chénier.

NOTES BIOGRAPHIQUES CONCERNANT LES INSPECTEURS.
[1802] Noël, François Joseph Michel*.
[1756-1841].
Né le 12 janvier 1756, à Saint-Germain en Laye ; mort le vendredi 29 janvier 1841, à Paris.
Nommé, par arrêté du 11 juin 1802 [22 prairial an X], l'un des trois Inspecteurs généraux de l'Instruction publique : Jean Baptiste Delambre [1742-1822] ; Dom Raymond Despaulx [1726-1818] ; François Joseph Michel* Noël [1756-1841].

Confirmé comme Inspecteur général de l'Université, par décret du 21 septembre 1808 ; confirmé comme Inspecteur général des études par l’ordonnance du 21 février 1815, au moment de la première Restauration ; confirmé comme Inspecteur général des études par l’ordonnance du mercredi 22 septembre 1824, à l’avènement du roi Charles X [1757-1836] ; et enfin confirmé pour quelques semaines comme Inspecteur général des études par l'arrêté du 24 août 1830, au moment de l'instauration de la Monarchie de Juillet. François Joseph Michel Noël est contraint à prendre sa retraite après juillet 1830. Est nommé Inspecteur général honoraire [22 septembre 1830], dans sa soixante-quinzième année.

Au moment de sa nomination François Joseph Michel Noël est préfet du Haut-Rhin [novembre 1800-juillet 1802].
Ex-abbé, agrégé dans plusieurs collèges pour les classes de rhétorique et d'humanités [1779-1782], ancien professeur de grammaire et de littérature au collège Louis-le-Grand, Noël a eu tout d'abord un parcours littéraire, a été quelque temps journaliste, puis diplomate [1792-1795]. Il a eu par la suite une carrière d’administrateur, successivement comme directeur des prisons, des hôpitaux, des octrois et des secours publics au Ministère de l’Intérieur ; comme commissaire général de police à Lyon en mars 1800, préfet du Haut-Rhin. Est nommé Conseiller titulaire ordinaire de l’Université le 22 novembre 1809. Chargé d'une mission d'inspection en Hollande, avec Georges Cuvier [1810-1811].
[1802] Coulomb, Charles Augustin* de
[1736-1806].
Né le 14 juin 1736, à Angoulême [Angoûmois ; aujourd'hui département de la Charente] ; mort le 23 août 1806, à Paris.
Nommé, par arrêté du 11 juin 1802 [22 prairial an X], l'un des trois Commissaires pour la formation des lycées : Charles Augustin de Coulomb [1736-1806] ; Georges Cuvier [1769-1832] ; Gabriel Luce Villar [1748-1826]. Coulomb reste en fonction jusqu'à son décès, le 23 août 1806.

Le physicien Charles Augustin de Coulomb [1736-1806], est un ancien élève de l'École du génie militaire de Mézières [1759-1761], lieutenant-colonel au moment de la Révolution.
Correspondant de l'Académie des Sciences [1773] ; adjoint-mécanicien [1781] ; associé mécanicien [1784] ; associé de la classe de Mécanique [1785]. Membre de l’Institut national à sa création [1795], élu le 9 décembre 1795, dans la Classe des Sciences physiques et mathématiques, section de Physique expérimentale.
Maintenu, par l'arrêté du 28 janvier 1803, dans la même Classe, section de Physique générale.
Il a découvert les lois électrostatiques qui portent son nom et se rapportent aux attractions et répulsions électriques Il occupe ce poste de Commissaire pour la formation des lycées, comme Inspecteur général en titre, jusqu’à sa mort, en août 1806. Il a alors soixante-dix ans.

[1803] Lefevre-Gineau, Louis.
[1751-1829].
Né le 7 mars 1751, à Gineau, près d’Authe [Ardennes] ; mort le 3 février 1829, à Paris.
Inspecteur général des études en 1803, en remplacement de Jean Baptiste Delambre [1749-1822], qui n’a assumé cette fonction que quelques mois à partir de septembre 1802.
Confirmé dans ses fonctions comme Inspecteur général de l’Université [décret du 21 septembre 1808]. Lefevre-Gineau reste en fonction jusqu’au 17 février 1815.


Adjoint à la Bibliothèque royale, professeur titulaire de la chaire de Physique du collège de France [1786-1823]. Administrateur des subsistance de Paris, pendant la Révolution. Membre de la commission internationale chargée de l'établissement du système décimal, contribue à la définition du kilogramme. Administrateur du collège de France [1800-1823], Louis Lefevre-Gineau est nommé Inspecteur général des études en 1803, en remplacement de Jean Baptiste Delambre [1749-1822], qui n’a assumé cette fonction que quelques mois à partir de septembre 1802.
Il sera confirmé dans ses fonctions comme Inspecteur général de l’Université [décret du 21 septembre 1808].
Lefevre-Gineau reste en fonction jusqu’au 17 février 1815, date à laquelle il est nommé par ordonnance royale, pour quelques semaines, Inspecteur de l’académie de Paris.
Le 30 mars 1815 est choisi comme conseiller ordinaire de l’Université.
À partir de 1807, Louis Lefevre-Gineau mène également une carrière politique : nommé par le Sénat conservateur député des Ardennes au Corps législatif [février 1807-juin 1814 ; juin 1814-mars 1815] ; représentant pour l'arrondissement de Mézières à la Chambre des Cents-Jours [10 mai 1815-13 juillet 1815] ; élu en 1820 à la Chambre des députés, comme député de l'opposition libérale [novembre 1820-décembre 1823], échoue en 1824, réélu en 1827 [novembre 1827-février 1829].
Membre titulaire de l'Institut national, élu le 13 décembre 1793, dans la première Classe : Sciences physiques et mathématiques, section de Physique expérimentale.

[1802] Villar, [Noël] Gabriel Luce.
[1748-1826].
Né le 13 décembre 1748, à Toulouse [États de Languedoc] ; mort le lundi 28 août 1826, à Paris.
Nommé, par arrêté du 11 juin 1802 [22 prairial an X], l'un des trois Commissaires pour la formation des lycées : Charles Augustin de Coulomb [1736-1806], Georges Cuvier [1769-1832], Gabriel Luce Villar [1748-1826]. Maintenu, par décret du 21 septembre 1808, comme Inspecteur général de l’Université.
Choisi, par arrêté du 22 novembre 1809, comme l’un des Conseillers de l’Université.
Il exerce sa fonction jusqu’en 1814, et n’assure plus aucune responsabilité après la Restauration.

Membre de la Congrégation des Frères de la doctrine chrétienne, est professeur à Brive, à Moissac, à Toulouse. Principal de l'École militaire de La Flèche [1786].
Ancien évêque constitutionnel de la Mayenne [1791-1797]. Mène une carrière politique : membre de la Convention pour ce département, où il participe au Comité de l'instruction publique ; député au Conseil des Cinq-Cents [an V ; 1795-1799] ; député du Lot-et-Garonne au Corps législatif [an VIII ; 1799-1806].
Professeur de Littérature à Paris, à l'École centrale de la rue Saint-Antoine [1796].
En 1802, est l'un des trois Commissaires pour la formation des lycées [Charles Augustin de Coulomb, Georges Cuvier, Noël Gabriel Villar].

Il exerce sa fonction jusqu’en 1814. Il n’assure plus aucune fonction après la Restauration. Il a alors soixante sept ans.
Membre de l’Institut national à sa création : élu, le 10 décembre 1795, membre de la Classe de Littérature et Beaux-arts, dans la section de Grammaire. Nommé, par l'arrêté du 28 janvier 1803, membre de la Classe de Langue et de la Littérature françaises.
Nommé par l'ordonnance royale du 21 mars 1816, membre de l'Académie française reconstituée.

[1802] Despaulx, dom Raymond.
[1726-1818].
Né le 14 septembre 1726, à Miélan [Gascogne, aujourd’hui département du Gers] ; mort le 13 octobre 1818, à Paris. Nommé l'un des trois Inspecteurs généraux de l'Instruction publique, par arrêté du 11 juin 1802 [22 prairial an X] : Jean Baptiste Delambre [1749-1822] ; dom Raymond Despaulx [1726-1818] ; François Joseph Michel Noël [1756-1841]. Confirmé comme Inspecteur général de l'Université, par décret du 21 septembre 1808, reste en fonction jusqu'en 1816, date à laquelle il fait valoir ses droits à la retraite.
Études de philosophie et de théologie. Ordonné prêtre. Bénédiction de la Congrégation de Saint-Maur. Professeur de mathématiques, ancien prieur puis, en 1766, directeur de l’école de Sorrèze [Languedoc, aujourd'hui département du Tarn] devenue sous son impulsion une école royale militaire [1776]. Est nommé Inspecteur général de l’instruction publique, par l’arrêté du 11 juin 1802 [22 prairial an X].
Despaulx sera confirmé dans ses fonctions [décret de septembre 1808] comme Inspecteur général de l’Université. Sera également choisi comme l'un des dix Conseillers titulaires ordinaire de l’Université, nommés le 22 novembre 1809. Il restera encore en fonction, quelques mois après la Restauration, comme Inspecteur général de l’Université, jusqu’à ce qu’il fasse valoir ses droits à la retraite [1816] : il a alors quatre-vingt-dix ans.

[1803] Chénier, Marie Joseph* de [orthographié parfois Chénié].
[1764-1811].
Né le 2 février 1764, à Constantinople [Empire Ottoman ; aujourd'hui Istanbul, Turquie] ; mort le 10 janvier 1811, à Paris. Nommé Inspecteur général des études, le 4 mars 1803 [13 ventôse an XI]. En remplacement de Georges Cuvier [1769-1832], nommé Commissaire pour la formation des lycées, le 11 juin 1802, et qui ne garde cette fonction que jusqu'en juin 1803.
Chénier reste en poste jusqu'à sa destitution en 1806, à la suite de la publication de son Épître [en vers] à Voltaire, d'une vingtaine de pages [Paris : Didot jeune. Imprimerie Dabin. In-4, 22 p., 1806], réédité à de nombreuses reprises.

Frère plus jeune du poète André Chénier [1762-1794]. Ancien officier de cavalerie [1781-1783]. Hommes de lettres, écrit des pièces de théâtre à succès. Auteur de nombreux chants révolutionnaires, dont le Chant du départ. Membre du Club des Cordeliers, mène également une carrière politique : élu à la Convention nationale, par le département de Seine-et-Oise [septembre 1792-octobre 1795] où il siège au Comité de l'Instruction publique ; puis, sous le Directoire, élu à deux reprises au Conseil des Cinq-Cents [octobre 1795-décembre 1799]. Sous le Consulat, membre du Tribunat [25 décembre 1799-27 mars 1802]. Nommé Inspecteur général des études [4 mars 1803]. Professeur à l'Athénée de Paris [1806-1807] et à la pension Hix, préparant au lycée Bonaparte [Condorcet].
Avec le soutien de Pierre Claude François Daunou [1761-1840], Garde général des Archives impériales depuis 1804 [1804-1816], entre aux Archives impériales, comme chef de la Section historique [1807-1811].
Membre de l'Institut national, nommé à la création de l'Institut, par l'arrêté du Directoire du 20 novembre 1795, membre, de la troisième Classe de Littérature et Beaux-arts, dans la section de Poésie. Et par l'arrêté des consuls du 28 janvier 1803, au moment où est supprimée la Classe des Sciences morales et politiques, membre de la Classe de Langue et de la Littérature françaises [1803-1811].
[1803] Domairon, Louis.
[1745-1807].
Né le 25 août 1745, à Béziers [États du Languedoc]; mort le 16 janvier 1807, à Paris.
Nommé Inspecteur général des études en 1803, comme suppléant de Marie Joseph de Chénier. Remplit cette fonction jusqu'à son décès en 1807. Études chez les Jésuites, à Béziers puis noviciat à Toulouse. Après la dispersion des Jésuites en 1763 est précepteur à Montauban. Il vient à Paris et collabore au Journal des Sciences et des Beaux-Arts.
Nommé professeur de Belles-Lettres à l'École royale militaire de Brienne. Il y reste jusqu'à la fermeture de l'École [1778-1790]. Revenant à Paris, il collabore au Journal des voyages et en édite plusieurs volumes.
En 1802, est nommé principal du collège de Dieppe, en même temps que professeur de Belles-Lettres [1802-1803].
Membre de la Commission pour le choix des livres classiques dont font également partie Louis de Fontanes, François Champagne, Antoine Vincent Arnault, François Roger, Jean Baptiste Dumouchel et d'Étienne Augustin Wailly. Puis nommé Inspecteur général des études [1803-1807].

MISSION DES INSPECTEURS GÉNÉRAUX DES ÉTUDES.
< Trois inspecteurs généraux des études, nommés par l'Empereur, sont chargés de visiter, au moins une fois l'année, les lycées, d'en examiner toutes les parties de l'enseignement et de l'administration, d'en arrêter la comptabilité, et d'en rendre compte au gouvernement.
Ces trois inspecteurs, réunis à trois membres de l'Institut, désignés par sa Majesté impériale, parcourront les départements, examineront ceux qui se présenteront pour occuper les différentes places de professeurs ; ils indiqueront pour chaque place deux sujets, dont l'un est nommé par l'Empereur >.

L’ENFANCE ET LA JEUNESSE DE COUSIN SELON GUSTAVE PLANCHE.
En 1853, le critique littéraire Gustave Planche [1808-1857], consacre à Victor Cousin, dans la Revue des Deux-Mondes, un long article rendant compte de trois de ses ouvrages parus récemment : un ensemble de trois volumes parus sous le titre général de Œuvres littéraires [1852] ; La Jeunesse de Madame de Longueville [1953] ; Du Vrai, du Beau et du Bien [1853].
En commençant son article, Gustave Planche décrit l’enfance et le début de la scolarité de Victor Cousin.
« Né à Paris, le 28 novembre 1792, dans une famille d’artisans, Victor Cousin reçut l’instruction primaire, dans les écoles gratuites de son quartier ; son enfance se passa entre Notre-Dame et la tour Saint-Jacques. Son père était voltairien, sa mère pieuse : elle voulut que son fils fût baptisé à la cathédrale, par un prêtre non assermenté, et ne cessa d’entretenir et de développer dans son cœur le germe religieux qu’elle y avait déposé. Les premiers succès de l’enfant décidèrent sa famille à s’imposer de pénibles sacrifices pour compléter son éducation. En quittant l’école municipale, il fut placé d’abord chez un abbé Le Clerc, qui lui enseigna les premiers élémens de la langue latine. Ce digne abbé exerçait ses élèves à traduire le latin en français, et regardait comme inutile de les exercer à traduire le français en latin.
Aussi, quand Victor Cousin fut envoyé au collège Charlemagne, pour suivre le cours complet des études scolaires et se mettre en état d’aborder les professions libérales, il se trouva d’abord à la queue de sa classe, car le sujet de la première composition était un thème, et l’abbé Le Clerc ne connaissait et n’enseignait que la version. Étonné, honteux de son échec, Victor Cousin prit sa revanche la semaine suivante en version latine ».

Le 16/08/2018