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Notice de l'auteur

Prénom :  Jean Georges
Nom :  Farcy
Date de naissance :  1800
Date de décès :  1830
Profession :  
Bref :  Philosophe. Influencé par le courant saint-simonien
Notice :  

Jean Georges FARCY
Poète et philosophe, sans doute en contact avec le courant saint-simonien

Né à Paris, le 20 novembre 1800 ; mort à Paris, le 29 juillet 1830

1. Études à Louis le Grand. Ancien élève de l'École normale [1819], où il est l'élève de Victor Cousin [qu'il continuera à fréquenter après 1822] et de Théodore Jouffroy. Il est le camarade de promotion d'Hachette, de Louis Quicherat, d'Eugène Géruzez [1799-1865], qui deviendra un de ses meilleurs amis.

2. Mais, alors qu'il est en troisième [et dernière] année de l'École, est exclu de l'Université, lors de la suppression de l'École normale considérée comme foyer d'agitation libérale [ordonnance Corbière du 6 septembre 1822].

3. Comme beaucoup de ses professeurs ou de ses condisciples, qui viennent de perdre ainsi leur emploi, il se fait engager comme précepteur. Il est employé pour s'occuper du fils aîné de Mme Narychkine [de 1823 à septembre 1826 ; après cette date c'est T. Jouffroy qui acceptera ce préceptorat].

4. J. G. Farcy fait paraître à Paris, en 1823, une traduction des Mémoires sur le règne de Charles 1er, de Philip Warwick. Il faudrait peut-être lui restituer un De l'Origine et du progrès de la philosophie en France [1826] ainsi qu'un Aperçu philosophique des connaissances humaines au XIXème siècle [1827], généralement attribués à François Charles Farcy. [Roman d'Amat]

5 La philosophie écossaise professée à Édimbourg (Thomas Reid, Dugald Stewart), a été relayée en France par Royer-Collard lorsque ce dernier doit mettre au point un cours de philosophie moderne à la Sorbonne, pour faire pièce à l'influence de Condillac, ouvrant la voie, disait-on, au scepticisme et au matérialisme. Elle devient pour quelque temps une philosophie à la mode, qui retient l'attention des spécialistes [Cousin, Jouffroy].
J. G. Farcy participe à la traduction des Éléments de philosophie de l'esprit humain de Dugald Stewart [1753-1828]. Alors que les deux premiers volumes ont été traduits de l'anglais en français par Pierre Prévost en 1808 [Genève : J.J. Paschoud], le troisième volume est traduit par J. G. Farcy en 1825. [selon une information donnée par Louis Peisse, qui fera paraître une édition des Éléments de philosophie en 1845. Le tome III de l'édition de 1825 ne porte pas de nom de traducteur.]

6. Paul-François Dubois [1793-1874], qui est d'une promotion un peu plus ancienne de l'École normale [1812] songe à lui comme journaliste, lorsqu'il envisage, avec Pierre Leroux [1797-1871] et l'imprimeur Lachevardière, de créer Le Globe, journal littéraire.
J. G. Farcy commence à publier des articles dans Le Globe [le premier numéro était paru le 15 septembre 1824] dès la fin décembre 1824 [Cinq articles jusqu'à décembre 1825 ; comme compte-rendus d'ouvrages]

7. J. G. Farcy quitte son préceptorat en septembre 1826 et part pour l'Italie, où il séjourne jusqu'à la fin de 1827 [Rome, Naples, Ischia]. Ensuite, partant d'Angleterre, il voyage au Brésil avec Jacques Coste, ancien éditeur [janvier 1823-mars 1824] des Tablettes universelles, répertoire des événements, des nouvelles, mais, sans doute victime d'une escroquerie, en revient profondément dépité.

8. Il revient en France début août 1829 et s'installe à Paris, rue d'Enfer, avec son ami Eugène Géruzez. Il publie à nouveau des compte-rendus d'ouvrages dans Le Globe (août 1829-juillet 1830)
J. G. Farcy enseigne la philosophie à l'Institution Morin, à Fontenay aux Roses. Il s'établit dans le vallon d'Aulnay.

9. À la suite des quatre ordonnances prises par Charles X, le 26 juillet 1830, sous le ministère Polignac [suppression de la liberté de la presse, dissolution de la Chambre, modification du mode d'élection, convocation de nouvelles élections], J. G. Farcy participe aux "trois Glorieuses" des 27, 28, 29 juillet. Il est au nombre des insurgés qui dans l'après-midi du 29 juillet attaquent les Tuileries. Il est tué l'un des premiers, au coin des rues de Rohan et de Montpensier.
Le lendemain, Le Globe annonça la nouvelle ainsi : «Le Globe vient de payer à la patrie sa dette de sang.» [Goblot]

10. Un an après, le 29 juillet 1831, à la date anniversaire de sa mort, une cérémonie intime réunit quelques uns de ses amis [dont l'enseignant Eugène Géruzez, journaliste au Globe, qui a pris part également à la révolution de Juillet], ainsi que Louis Quicherat, qui prononcera quelques mots, V. Cousin, Sainte-Beuve.
Le discours de V. Cousin est reproduit dans le Journal des Débats [29-30 juillet 1831], repris dans les Fragments littéraires [1843], réédition électronique BNF [1995].
Le hasard a fait que le dernier article de J. G. Farcy paru dans Le Globe [n° 160, 26 juillet 1830] soit son compte-rendu du Manuel d'histoire de la philosophie, traduit de l'allemand de Tennemann, par V. Cousin, et qui vient de paraître en 1829. [article signé F. Repris dans Reliquiae, page 199-208].
Par ailleurs, V. Cousin vient de dédier à la mémoire de Farcy le 7ème volume de sa traduction de Platon, qui contient les Lois : se souvenant que Farcy était mort en combattant pour les Lois.

11. Charles-Augustin Sainte-Beuve [1804-1869] prononce également, pour cette cérémonie anniversaire, un discours qui servira de Préface aux Reliquiae, ouvrage posthume de J. G. Farcy, rassemblant articles et poèmes. [Jean-Georges Farcy, Reliquiae, Paris : L. Hachette, in-12, III-211 pages, portrait, 1831]

Ce discours est publié d'abord comme article dans la Revue des Deux-Mondes, dirigée par Buloz [n° du 15 juin 1831] À noter que c'est la premier article que Sainte-Beuve donne à la Revue. Le texte sera repris dans les Portraits littéraires.

SOURCES
[GOBLOT] Jean-Jacques Goblot, Le Globe, 1824-1830, Paris : Honoré Champion, 354 p., 1993. Plus particulièrement la notice biographique consacrée à J. G. Farcy, pages 90-91.

[ROMAN D'AMAT] Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française, Paris : Letouzey, 1975. Notice J. G. Farcy, page 585

© Textes Rares, Philo19
Le 16/11/2018